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TageMagazine  . مجلة  تاج

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Un espace pour l'Histoire et l'environnement.Crée le 01 novembre 2009. مساحة للتاريخ و البيئة تأسست في 01 نوفمبر 2009


Le passage de l'armée française dans la région de Bouira,pour la première fois,en 1839.

Publié par Kateb sur 5 Janvier 2011, 18:10pm

Catégories : #Histoire تاريخ

 

 

"...Le mardi 29 octobre, l’armée d’expédition doit franchir la distance qui sépare l’oued- Biban de Kaf-Redgala (le tombeau des hommes).

A six heures du matin, la colonne se met en marche et se dirige sur Beni-Mansour. La pluie a cessé, mais le terrain qu’elle a détrempé dans sa chute rend la marche des hommes et des chevaux difficile.

La colonne couvre pendant deux heures un terrain boisé d’un abord difficile, où l’on rencontre un grand nombre d’arbres de haute futaie ; plusieurs de ces arbres sont abattus, et l’on remarque avec étonnement qu’ils ont déjà subi le travail de l’homme.

Nous voyons encore, d’espace en espace, quelques stratifications des Bibans. Cette belle forêt s’éclaircit enfin ; elle s’ouvre sur la campagne, et l’œil se repose sur le point de jonction de deux admirables vallées, bien boisées, bien cultivées, et semées de villages dont les maisons, couvertes en briques, sont entourées de jardins. Ces villages, presque tous construits sur des mamelons isolés, sont d’un effet charmant, et les contreforts du Jurjura, qu’éclaire un beau soleil levant, rappelleraient le Canigou, s’ils n’étaient plus élevés et d’un ton rouge beaucoup plus chaud.

 Notre route traverse quatre gros villages réunis, appelés les Beni-Mansour, lieu qui avait été désigné d’abord pour notre bivouac de la veille. Les habitants, surpris au delà de toute expression, en voyant sortir du chemin des Bibans, après une pluie d’orage, ces chrétiens auxquels ils ne pensaient point, et dont la jalousie des Beni-Abbas leur avait complètement caché la marche, s’apprêtent d’abord à fuir ; mais un mouvement subit de la cavalerie du prince leur fait craindre d’être atteints et sabrés dans la plaine. Les cheikhs, qui, dit-on, sont dévoués à Abd-el-Kader, accourent à S.A.R. et lui font, ainsi qu’au maréchal, les plus vives protestations.

 Le prince réclame d’eux ce qui est nécessaire aux besoins des troupes, moyennant le prix légitime de leurs fournitures, et leur promet qu’aucun soldat ne pénétrera dans les habitations ; mais il ajoute que, si un seul coup de fusil est tiré sur les Français, il ne restera pas une maison debout, pas un olivier sur pied, et que personne ne sera épargné.

Ce langage rigoureux est nécessaire pour assurer le passage de notre arrière-garde dans une contrée où l’humeur belliqueuse du peuple est exaltée par un fanatisme impitoyable.

Si l’expédition était arrivée par la route d’Alger, elle n’aurait pas traversé le pays sans combats.

Au-delà de Beni-Mansour, toute la vallée, large de plusieurs lieues, n’offre qu’un immense verger d’oliviers ; le nombre des villages diminue à mesure qu’on s’avance, et le dernier de tous, situé à deux lieues sur notre droite, se distingue par deux grands minarets.

Nous trouvons enfin de l’eau douce, et nous nous arrêtons sur l’Oued-Beni-Mansour pour faire boire les chevaux et les mulets.

A une heure, après l’avoir rendue guéable, nous traversons le large lit de cette rivière, qui présente, dans ses cailloux roulés, les plus belles variétés de grès, de marbre et des poudingues.

Nous cheminons dans la belle plaine qui mène à Hamza, au milieu des maïs, des lentisques et des myrtes-boules, assez semblables à nos charmilles, quand les premiers hommes de l’avant-garde se trouvent face à face de cinq Kabyles armés qui s’écrient avec effroi : Ja el roumiale ! (Voilà les chrétiens !). Ils venaient des montagnes d’Ouennougah, et nous apprirent que le camp du kalifat d’Abd-el-Kader, Achmet-Ben-Salem, était à peu de distance. Ils avaient pris part eux-mêmes à une razzia exécutée par ce chef sur les tribus de la province de Constantine. M. le maréchal prescrit à la cavalerie de se porter en avant, appuyée par le 2e léger. Le convoi reste sous la garde du 17e léger et du 23e de ligne, commandés par le colonel Corbin. Le prince royal et M. le maréchal marchent avec l’avant-garde.

En battant la plaine en tous sens, on découvre et on arrête encore deux courriers d’Abd-el-kader ; on saisit sur eux des lettres de l’émir adressées aux habitants de Djigelly, dans lesquelles il excite les tribus à un soulèvement général.

Il était devenu impossible d’atteindre Hamza dans la journée. On doit remarquer à cette occasion que les itinéraires turcs sont trop longs pour nos colonnes, et que les Bibans sont plus près de Constantine, et conséquemment plus loin d’Alger qu’on ne le suppose ordinairement à l’inspection des cartes.

Toutefois l’avant-garde hâte la marche pour prendre position avent la nuit ; l’armée franchit l’Oued-Redgala, et à six heures du soir le camp est établi sur la rive droite de ce torrent.

Le mercredi 30 octobre, l’armée marche de Kaf-Redgala à Beni-Djad (Environs d'El-Esnam-Bouira).

Après avoir pris les ordres du maréchal, M. le duc d’Orléans met une partie de sa division en mouvement, dès quatre heures et demie du matin, dans le but d’empêcher le bey de Sebaou de s’établir avant nous sur le plateau d’Hamza, et de lui ôter tout moyen, soit d’occuper le fort, soit d’en évacuer les magasins. Il marche rapidement, et à huit heures, du haut d’un mamelon, il découvre, à une distance d’une demie-lieue environ, les troupes du bey qui descendent de la montagne d’Ouennougah, et qui marchent sur le fort. Aussitôt les dispositions sont prises pour leur couper la route. L’infanterie se dirige en droite ligne vers Hamza, tandis que la cavalerie, sous les ordres du colonel Miltgen est lancée dans la vallée. Ahmed-Ben-Salem, qui ne savait pas les Français si près de lui, abandonne son projet, et n’a que le temps d’ordonner à ses cavaliers de se retirer et de se porter vers l’ouest en se repliant sur Médéah.

A peine la cavalerie a fini de couronner les hauteurs abandonnées par les Arabes, que S.A.R. qui s’y est portée de sa personne, ordonne à l’infanterie de remonter la vallée et d’occuper le fort d’Hamza. C’est un carré étoilé dont les murs en assez mauvais état ont vingt pieds de haut ; il a huit embrasures et onze pièces sans affûts.

A midi le maréchal rejoint le reste de la division. Le fort d’Hamza est bâti sur le sommet d’une hauteur dont les pentes escarpées vers le sud ne présentent aucune prise, le versant du nord, au contraire, fort doux, est complètement soumis au feu du fort. C’est de ce côté qu’il conviendra de tracer la route, soit qu’elle aboutisse au fort, soit qu’elle vienne de Beni-Mansour. Hamza est sur la rive gauche de la rivière qui porte son nom dans cette partie de son cours, et que l’on désigne au-dessus de ce point sous le nom d’Oued-Lakal, et au-dessous, sous celui d’Oued-Regada. C’est un affluent de gauche de l’Oued-Nougah, qui, après avoir reçu ses eaux, prend le nom de Oued-Beni-Mansour. Le fleuve se prolonge ensuite dans la direction de nordest, pénètre dans les montagnes de Callaa, et, après avoir reçu l’Oued-Bousselah, prend le nom de Bou-Messaoud, et vient se jeter dans le golfe de Bougie, presque sous les murs de la ville.

M. le maréchal ne juge pas convenable de laisser une garnison dans le fort d’Hamza. Il serait trop difficile de l’approvisionner pendant l’hiver, et elle ne pourrait d’ailleurs trouver d’abri dans les bâtiments délabrés et ruineux qu’ont habités les Turcs.

La position du fort d’Hamza n’est pas aussi avantageuse qu’elle aurait pu l’être ; il est trop éloigné du ruisseau, dont il ne voit pas le passage ; d’un autre côté, il ne commande ni les routes de Médéah à Bougie et à Constantine, qui se développent sur la droite de l’Oued-Lakal, ni celle d’Alger à M’sila, qui laisse Hamza à trois ou quatre lieues sur la gauche. Cette position devra être étudiée avec soin. Une carte spéciale est levée pour indiquer la direction à donner aux différentes branches de cette route, dans les parties où il ne sera pas possible de conserver le tracé suivi par les Turcs.

Aucune ruine romaine n’a été remarquée aux environs d’Hamza. C’est donc par erreur que l’ancienne Aurea(Auzia) se trouve indiquée dans la position qu’occupe actuellement le fort. Les ruines de cette ville existent probablement à sept ou huit lieues plus à l’ouest, sur le point connu sous le nom de Sour-Surlan(Sour El-Ghozlane). C’est une preuve nouvelle que la grande voie qui réunissait Cirta à Julia Caesarea (l'actuelle Cherchell)tournait les montagnes d’Ouennougah et se rapprochait beaucoup du désert ....".

 

Source :Un document datant de l'époque et des evénements en question.

 

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